Dans ses installations ludiques et joyeuses, Mélissa Streicher se livre à un exercice de mise en abyme de l’autoportrait, convoquant, à cette fin, peinture, photographie, vidéo et performance.
Transposant dans notre monde contemporain une pratique immortalisée dans Les époux Arnolfini de van Eyck ou Les Ménines de Velázquez, Mélissa Streicher prolonge ses peintures hors de leur cadre en se mettant elle-même en scène.
Elle photographie cette performance puis, dans un second temps, revenant à une technique plus ancienne, elle créé une animation statique à base de photogrammes de ses performances.
Ce fascinant exercice, tout empreint d’humour et de poésie, se pose comme une affirmation identitaire en réaction à un monde qui normalise, uniformise et réprime toute velléité d’affirmation d’une originalité.

Louis Doucet, critique d'art